Futur antérieur [Critique: X-Men: Days of Future Past]

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Alors que le Marvel Cinematic Universe domine le monde des super-franchises cinématographiques adaptées de comic books, la Fox détenant encore la licence X-Men a pour intention de venir marcher sur les plates bandes de Disney/Marvel, et ce tout en remettant en ordre une série bancale. Car si les deux premiers films de mutants font parties des réussites qui ont redonné un coup de boost au genre, il faut aussi compter sur l’exécrable troisième épisode et deux spin-off anecdotiques. Un blason que la préquelle First Class de Matthew Vaughn s’était déjà évertué à redorer en livrant le meilleur film de la saga. Vient alors ce Days of Future Past au ambitions démesurées, souhaitant être le film somme de la saga en réunissant le casting prestigieux des deux périodes phares, en jouant avec les temporalités, et surtout en ramenant Bryan Singer à la barre de la réalisation. Si revoir le metteur en scène à l’origine des deux premiers opus se veut être une caution rassurante, cela ne va pas sans les imperfections déjà présentes dans les films sus-cités.

Le film propose donc une trame scénaristique basé sur les voyages spatio-temporels. Le postulat de départ se pose dans un futur apocalyptique où le derniers recours est de corriger les erreurs du passé. La vision sombre de cet avenir pille l’imagerie de James Cameron sur les deux premiers Terminator, ce sans jamais en atteindre la force évocatrice. La scène d’introduction sombre dans l’explicatif par l’abus de voix off et dialogues démonstratifs et amène une séquence d’action peu immersive tant elle laisse peu de place à l’implication des personnages. Les mutants qui occupent l’époque future sont tous réduit à leur plus simple expression en faisant juste étalage de leur capacités, difficile alors de s’émouvoir du sort de cette galerie de caméos. Les têtes connus ne reposent que sur la bonne mémoire du spectateur envers les épisodes précédents, les petits nouveaux (dont Omar Sy, anecdotique) eux n’ont pas cette chance, au point de les rendre transparents. La satisfaction de l’utilisation inventive des pouvoirs (notamment des portails tous droit sortis du jeu de Valve) ne suffit pas à donner de l’épaisseur à l’ensemble. Ce constat va malheureusement être très présent dans le film, loin de la tension de l’introduction du X-Men original, ou de celle qui traverse First Class.

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Exemple typique de cette situation, le cas de Quiksilver traité par dessus la jambe. Intervenant dans le récit dans une portion infime du film, il n’est là que pour apporter une touche humoristique et surtout un scène aussi créative visuellement qu’elle est dénuée de substance narrative. Un véritable money shot faisant dans l’esbroufe pure et simple. Et le speedster ressort du film aussi rapidement qu’il y est entré. Days of Future Past souffre du même syndrome que les deux autres épisodes réalisés par Singer. On se souvient tous de l’excellence de l’attaque de la maison blanche du deuxième film, fulgurance qui mettait le reste de X-2 en retrait. Un déséquilibre agaçant, les morceaux de bravoures ne manquant pas, mais peu servent efficacement le récit. On est à des années lumières des envolées héroïques du Spider-Man 2 de Sam Raimi. Des scories qui s’étendent aussi dans l’alternance maladroite et abusive entre prise de vues classiques et diégétiques. Les séquences filmés par les médias de l’époque, pour donner un cachet rétro, desservent en effet leur but premier. Mais le plus dommageable est que le concept même du voyage dans le temps, tel qu’il est décrit, aurait permis une mise en parallèle des deux temporalités, il y avait matière à offrir un rythme osé si le montage avait été plus pertinent. Se contentant de classiques aller-retour, cumulé au manque d’affect énoncé plus haut pour la période future, le climax du film ne convainc que dans sa temporalité passé avec un Magnéto au mieux de sa forme.

C’est réellement dommage, tant le casting lui se fait clairement plaisir, surtout le duo Xavier/Magnéto de First Class. Dans ses moments de sobriété, le film arrive à montrer qu’il aurai pu prétendre à bien mieux. Une scène en particulier en témoigne, la «rencontre» entre les deux Charles Xavier. Utilisant à bon escient le contexte spatio-temporelle et les pouvoirs télépathique du professeur, elle émeut par la justesse du jeu d’acteur et par la mise en image subtile et sublime. Le point culminant du film qui surnage au-dessus du reste. De quoi sortir de la salle mitigé, entre le plaisir instantané que procure certaines séquences, et le cruel manque de liant affectif à l’ensemble. Quant aux erreurs et choix sur la continuité au sein de la saga (ou même du film en lui-même), elles ne sont finalement pas la chose qui fait le plus rager dans le résultat final.

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Peu avare en prouesses visuelles, mais manquant un sens du rythme et de la narration les plus élémentaires. X-Men: Days of Future Past parvient certes à garder un niveau de qualité satisfaisant au sein de la franchise (surtout face aux exemples les plus déshonorant), mais n’a absolument pas les épaules assez solide pour prétendre rivaliser avec le panthéon du genre super-héroïque. Spider-Man 2 et Les Indestructibles peuvent dormir tranquilles. 

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