Die Hard : Rest in Peace partie I [Piège de Cristal]

Piège de Cristal (Die Hard, 1988)

Pour beaucoup, le meilleur épisode de la saga (les autres lui préféreront Une Journée en Enfer), et à raison tant le film de John Mctiernan est d’une précision chirurgicale. Non content de dynamiter le genre de l’actionner, la détermination du cinéaste pour amener le spectateur exactement là où il l’a décidé laisse pantois. Le film s’ouvre sur un avion qui atterrie, à bord est présent John McClane, l’on apprend qu’il est policier grâce au regard trop curieux de son voisin de siège. On le suit ensuite dans le hall de de l’aéroport. Il semble quelque peu désorienté, ses yeux lorgnent facilement sur les jeunes filles de la foule, Il tente de passer un coup de fil à sa femme qu’il l’attend à Los Angeles, il rejoint finalement son chauffeur de limousine bien trop loquace. Cette introduction, en plus montrer de quel manière McTiernan compte filmer l’espace dans tout le reste du métrage, permet de caractériser son personnage de manière très fine. Il faudra en effet bien peu dialogue pour cerner parfaitement à qui l’on à affaire. Sa relation difficile avec son épouse, son ancrage trop profond à la ville à la ville de New York, son dévouement absolu pour son travail. Tout les bases du personnage avec qui l’on partagera les événements du Nakatomi Plaza sont établies. Le travail d’identification a déjà fait le plus gros du travail, et l’on est que dans les premières minutes du film.

Un fois que McClane entre dans le building (qui est en réalité un immeuble de la Fox), le réalisateur va à présent habituer l’œil de son audience au bâtiment, pour qu’elle ne perde jamais de vue ce qui se passera à l’écran plus tard. Il balaye le cadre pour faire parfaitement imprégner la topographie des lieux. Quand les «terroristes» feront intrusion dans l’immeuble, John devra jauger les forces en présence. Il finira donc d’explorer avec la caméra les derniers lieux encore inconnus du spectateur. Le rez de chaussée, le lieu de cérémonie, un étage «nu», des bureaux, chaque lieux comportent au moins un repère visuel. Avec la certitude que désormais le public est capable de se repérer dans l’enceinte du Nakatomi Plaza, les festivités vont commencé. « Now I have a machine gun. Ho ho ho. »

Avec cette mise en place ahurissante de l’espace, les scènes d’action profiteront à merveille du cadre pour être d’une lisibilité sans faille. Si les explosions, les empoignades et les coups de feu versent dans la démesure, grâce à cette mise en scène minutieuse, jamais on ne tombera dans l’absurde ou le non sens. La spectateur accepte ce qui ce passe à l’écran sans broncher. La suspension d’incrédulité ne tombe jamais, l’on est au cœur de l’action avec McClane.

Également dans l’intention de présenter un héros plus crédible que les mastodontes sans failles de l’époque, il était nécessaire de le rendre vulnérable. Un héros qui saigne et qui prend des coups. Outre la caractérisation citée plus haut qui décrit un homme qui échoue dans son mariage, des petits éléments en apparence anodins seront récompensés dans des moments de bravoure taillé sur mesure. À titre d’exemple, sous les conseils du passager de l’avion, John essaye de se détendre pied nus, il sera pris de cours et restera ainsi tout le long du métrage. Lorsqu’il sera contraint de marcher sur des éclats de verres suite à une fusillade dans les bureaux, il devra se soigner au calme en discutant à distance avec son partenaire d’un jour, Al Powell. Une conversation où les deux hommes se dévoileront, permettant une empathie forte pour ce binôme.

En parlant des dialogues via radio, ces derniers jouent un rôle déterminant dans l’affrontement entre McClane et Hans Grubber. Le plan huilé mis au point par le malfrat allemand sera perturbé par les interventions du flic qui ne manquent pas de répliques devenues aujourd’hui cultes. John McTiernan dans un making of avoue qu’il voie Grubber comme le vrai protagoniste de l’histoire car il a un véritable but, et que par conséquent, McClane en est l’antagoniste. Pas étonnant alors, à ce que l’ode à la joie fanfaronne quand Hans croie arriver à ses fins.

Ainsi Die Hard premier du nom est un film à la précision diabolique qui ne laisse rien au hasard. Que se soit le moindre petit élément de script, la mise en place de l’espace, le rythme, tout est amené à créer le film d’action parfait. Objectif rempli, un premier épisode qui met déjà la barre bien haut et qui marque le genre comme le modèle à suivre.

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